[Contexte] [Qu'est-ce RANET?]


 

Contexte

La détérioration du tissu économique de la RD-Congo depuis plusieurs décennies a donné une sorte de coup fatal au balbutiement de construction d’un réseau communicationnel national amorcé dans les années 1970. Aujourd’hui, dans ce vaste pays de 2.345.000 km² et peuplé par quelque 50 millions de femmes et d’hommes, il est devenu difficile d’atteindre tous les terroirs habités. Les différents moyens de communication sont soit en état de délabrement avancé soit tout simplement inexistants. Cela amène une sous-information criante de la part d’une importante partie de la population. Ainsi, il est impossible à ce groupe-cible d’organiser convenablement son travail quotidien.

La grande partie de ce groupe défavorisé habite les milieux ruraux qui n’ont plus, depuis belle lurette, bénéficié d’une attention suffisante de l’autorité centrale, voire de l’autorité provinciale. En plus de cet aspect d’une mauvaise administration du territoire national, la situation des milieux ruraux de la RD-Congo s’est largement détériorée au cours des sept dernières années caractérisées par une guerre atroce et ruineuse. Les milieux ruraux ont été abandonnés à un triste sort.

Dans cet environnement, des associations et des personnes-ressources n’ont pas laissé tomber les bras. Ainsi, depuis une vingtaine d’années, des structures rurales ont vu le jour et se sont développées selon des fortunes diverses. Des institutions de formation spécialisées, même si elles ne sont pas équipées à la hauteur des besoins, se trouvent dans les onze provinces du pays. Tout cela a contribué à la mise en route des mouvements dits paysans qui se sont renforcés notamment dans les provinces du Sud-Kivu, du Nord-Kivu, du Bas-Congo, du Kasaï Oriental, voire du Bandundu et de l’Equateur. Cette population paysanne est composée essentiellement des agriculteurs. Souvent, ces derniers sont à la merci des « caprices de la nature » qui peuvent pourtant « être gérées ». Plus de 70 % des ONG congolaises ainsi que des ILD comportent en leur sein un aspect de la sécurité alimentaire. Le domaine agricole est un important secteur d’intervention.

Les initiatives de regroupement paysan sont aujourd’hui portées par la philosophie de réaliser un travail en réseau afin d’apporter un impact réel, une plus-value comptable dans les milieux ruraux. Plusieurs actions de capitalisation de cette dynamique ont été organisées, notamment (et cela plus près de nous) la tenue en août 2000 à Kinshasa d’un Colloque national sur les Stratégies paysannes de Lutte contre la Pauvreté. Organisées par le Conseil National des ONG de Développement de la RDC (CNONGD), ces assises, auxquelles ont pris part six délégués par province dont au moins deux véritables paysans (ruraux), ont adopté tout un train de recommandations, devenues des pistes de travail pour les Conseils Régionaux des ONG de Développement (CRONGD) ainsi que pour les ONGD et les Initiatives Locales de Développement (ILD). En 2003, un protocole de partenariat a été signé entre le Syndicat de Défense des Intérêts des Paysans du Nord-Kivu (SYDIP ayant son siège à Butembo) et le CNONGD pour que le premier cité devienne le point focal de la structuration du mouvement paysan en RD-Congo.

Dans ce travail de mobilisation et de renforcement des capacités des groupes bénéficiaires, l’outil « Radio rurale » est très sollicité. En plus des Radio-CANDIP de Bunia (Province Orientale) et Radio-Maendeleo de Bukavu (Province du Sud-Kivu), d’autres stations se réclamant « de proximité » ou « communautaires » ont vu le jour sur tout le territoire national. Chacune fonctionne avec le programme de ces initiateurs, mettant en exergue quelque peu les réalités du monde rural. Le CNONGD a, de son côté, monté un projet des radios rurales mais il a été abandonné par les partenaires du Nord dans les années 1996-1997, le Congo-Zaïre étant devenu « un pays à très hauts risques ».

Ainsi, la préoccupation de participer à un projet de véritable animation d’un mouvement rural en RD-Congo, reste toujours un défi. Mieux encore si cela peut être couplé à l’Internet et diffuser rapidement aussi des informations agro-météo, l’action devient fort urgente.

Un des objectifs du Troisième Programme Quadriennal en cours (1991-1994) du CNONGD est justement d’ «améliorer la circulation et la vulgarisation de l’information tant à l’intérieur qu’à l’extérieur dur réseau ». En mai 2003, une évaluation du système d’information de cette plate-forme a été conduite par une ONG belge spécialisée, ATOL. Des pistes de travail ont été renforcées et l’opportunité présente d’une RANET sera à coup sûr une plus-value pour les milliers de membres de CRONGD, ONGD et ILD de la plate-forme.

Avec l'appui de ses partenaires extérieurs et grâce à son personnel ressource-RANET, la METTELSAT va  promouvoir la Technologie RANET en RDC dans les jours à venir. RANET en RD-Congo devrait au mieux tenter de renforcer les connaissances, les techniques et les outils de travail dans le monde agricole. Nous esperons que tous les acteurs de développement du milieu rural vont devoir appuyer ce programme qui est en phase préparatoire. CNONGD est le premier partenaire local qui vient de s'impliquer dans le programme.

Notons enfin, en titre d'information, que notre bulletin météo quotidien et flash(alerte météo), sont régulièrement diffusés sur RANET! 

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