LA MÉTÉOROLOGIE:  L'IRRIGATION et  LA SÉCHERESSE

QU'EST CE L'IRRIGATION?

L'irrigation est l'apport d"eau par l'homme aux cultures qui en manquent. Cette technique est tantôt appliquée comme appui pour faciliter la croissance d'une culture pluviale en période de sécheresse, tantôt systématiquement dans le cas d'une culture dont le développement dépend de cet apport. L'irrigation  peut se faire par submersion, par infiltration (raies, sillons), par aspersion, par goutte à goutte (micro tubes baveurs) ou par d'autres méthodes.

POURQUOI UNE PLANTE A-T-ELLE BESOIN D'EAU?

Selon l'espèce à laquelle elle appartient, soixante à quatre -vingt-dix pour cent du matériel végétal de la plante est constitué d'eau. C'est l'eau qui permet l'absorption et la translocation des sels  minéraux contenus dans le sol. C'est elle qui permet la photosynthèse en alimentant les cellules des feuilles et encore elle favorise la turbegence des fleurs pour mettre leur fécondation et ainsi donner des bonnes graines et semences. De même, l'eau est à l'origine de la translation des protéines et des hydrates des carbones indispensables aux semences et racines (utiles).

QU'EST CE QUI DÉTERMINE LES BESOINS DES CULTURES EN EAU?

  • Il en va pour toutes les plantes comme pour nos vêtements: les plantes sèchent d'autant plus vite que la température s'élève, que la lumière du soleil est plus intense, que le vent souffle plus fort et que l'air est moins humide. Ce sont donc des facteurs météorologiques qui déterminent le potentiel d'évapotranspiration des cultures.

  • L'utilisation d'eau dépend du type de culture. Les cultures à feuilles cireuses (par exemple le sorgho et le millet) exigent relativement peu d'eau, alors que les cultures à feuilles lisses (par exemple la tomate et le coton) en utilisent d'avantage.

  • Les besoins  en eau dépendent  aussi su stade de la croissance. Plus la plante a des feuilles, plus sa croissance sera active, plus elle aura besoin d'eau.

QUE SE PASSE T-IL S'IL N'Y A PAS ASSEZ D'EAU?

Si l'approvisionnement en eau est insuffisant, la production de racines, des tiges, de feuilles et de fruits peut être réduite, la floraison inhibée et le rendement amoindri, voire nul. en revanche, la prolifération des mauvaises herbes, des maladies et des ennemis des cultures se trouvera peut être ralentie. Dans certains cas (celui de la canne à sucre par exemple), des conditions relativement sèches avant la récolte peuvent accroître le rendement utile.

PEUT-IL Y AVOIR TROP D'EAU?

Pour des nombreuses cultures un excès d'eau peut être nuisible. Si le sol est saturé pendant trop longtemps, donc si l'eau a intégralement remplacé l'air dans les pores, les racines ne recevront plus l'oxygène dont elles ont besoin et leur bon fonctionnement s'en trouvera compromis. un excès d'eau peut -il aussi entraîner le lessivage des sels minéraux et des engrais, dont les racines vont alors être privées. Le riz est une exception à la règle.

L'irrigation peut être planifiée: La quantité d'eau nécessaire au moment voulu. Pour ce faire, il faut établir un bilan hydrique agrométéorologique.

Ce bilan doit toujours prendre en compte les éléments suivants:

  • Approvisionnement en eau des cultures par précipitations (P) ou par irrigation (I); et l'écoulement dans la zone des racines (Fi) au dessus ou au dessous de la surface du sol (il s'agit souvent là de faibles quantités);

  • La capacité du sol à retenir l'eau (S); elle diffère selon que le sol est formé de sable; de limon, d'argile, et aussi selon qu'il est profond; elle diffère également en fonction de la profondeur des racines; ðS désigne les variations de la quantité d'eau emmagasinée dans le sol, cette quantité peut augmenter (+) ou diminuer (-);

  • La perte d'eau à l'évapotranspiration par le sol et par les plantes (E); la quantité d'eau qui coule loin de la zone des racines (Fo) (souvent faible).

P + I + Fi ± ðS = ET + Fo

Si, au cours d'une période donnée, la perte totale d'eau que subit une culture en pleine croissance est égale à l'approvisionnement en eau (apport + emmagasinage), il faudra un complément d'eau si l'on veut éviter la pénurie et tous ses incovénients.

Lorsque l'apport et l'écoulement d'eau, au dessus et en dessous de la surface du sol sont faibles ou inexistants, le bilan hydrique et la quantité d'eau d'irrigation, facteurs météorologiques qui varient d'un jour à l'autre, et la capacité de rétention du sol, élément qui ne varient pas et ne doit être mesuré qu'une seule fois.

Il s'agit de calculs agrométéorologiques qui font intervenir météorologistes, pédologues, agronomes, hydrologistes et ingénieurs en aménagements hydrique des cultures et les besoins en eau d'irrigation. La probabilité de précipitations peu de temps après l'irrigation est souvent prise en compte.

AVANTAGES DE LA MÉTÉOROLOGIE.

L'utilisation de l'information météorologique pour planifier l'irrigation par la méthode du bilan hydrique permettra, si le système de gestion des eaux d'irrigation s'y prête.

  • d'utiliser efficacement des maigres ressources en eau;

  • d'assurer à la plante un apport d'eau suffisant pendant toute la durée de la croissance, notamment aux stades où l'eau joue un rôle essentiel et à ceux qui détermine le rendement;

  • d'éviter le lessivage de sels minéraux ou engrais;

  • de ralentir la prolifération des mauvais herbes, des maladies et des ennemis des cultures;

  • de stopper l'irrigation au moment voulu avant la récolte;

  • de rationaliser l'utilisation de la main-d'œuvre;

  • d'éviter les coûts de pompage ou d'apport d'excèdent d'eau;

  • d'éviter les problèmes dus à une irrigation excessive, tels que l'érosion ou la salinisation.

LA SÉCHERESSE

QU'EST CE LA SÉCHERESSE?

Du point de vue météorologique, il y 'a sécheresse lorsque les chutes des pluies sont inférieures aux prévisions sur une vaste zone et pendant une longue période.

Du point de vue hydrologie, il y ' sécheresse en cas de déficit persistant du ruissellement en surface par rapport à la normale pendant une période prolongée en cas de baisse du niveau des nappes souterraines. Les manques d'eau qui en découle entrave la production agricole et réduit l'approvisionnement en énergie hydroélectrique et en eau à usage domestique et industriel, ce qui se traduit par une baisse de production agricole et industrielle.

Du point de vue agricole, il y ' a sécheresse lorsque la hauteur et la distribution des pluies, et réserves en eau du sol et les pertes par évaporation provoquent , en conjuguant leurs effets, une baisse sensible du rendement des récoltes ou du bétail. Il s'en suit une production alimentaire réduite, de mauvaises conditions de pâturage, un faible rendement des travaux et des investissements agricoles, une diminution de la qualité de bois de chauffage disponible, un risque accru de désertification, avec toutes les conséquences sociales et économiques qui en découlent, notamment un approvisionnement alimentaire peu sûr.

Est-il possible de prévoir la sécheresse?

Il n'existe aucune méthode connue permettant de prévoir avec certitude l'apparition, la persistance, la cessation ou le retour de la sécheresse, bien que certains services diffusent des prévisions à titre expérimental. Des travaux de recherche se poursuivent activement pour expliquer les causes de la sécheresse et établir des meilleurs prévisions, mais comme il s'agit d'un problème scientifique difficile, il faudra sans doute attendre plusieurs années avant de trouver une solution. Toutes fois, l'analyse des données climatologiques peut être maintenant aider a évaluer les probabilités d'apparition; de cessation ou de retour des sécheresses et faciliter le travail des exploitants agricoles et des planificateurs.

La provoquée peut-elle atténuer la sécheresse?

Aucune preuve décisive n'a encore été apportée quant à la possibilité d'avoir couramment recours à la pluie provoquée pour atténuer la sécheresse; les projets d'augmentation des précipitations en sont toujours au stade de la recherche.

QUE DEVONS FAIRE MAINTENANT?

La météorologie agricole peut aider à atténuer les effets de la sécheresse.

Les services de météorologie agricoles peuvent:

  1. Évaluer l'influence des conditions météorologiques sur rendement des cultures et fournir ainsi suffisamment tôt des avis concernant les risques de pénurie alimentaires, afin d'aider à planifier la distribution et la commercialisation des denrées alimentaires à l'échelon national.

  2. Évaluer la durée probable de la saison des pluies pour aider les exploitants agricoles à sélectionner les meilleures variétés de semences, à choisir entre divers méthode de culture intercalaire ou à adopter d'autres cultures.

  3. Indiquer chaque jour aux exploitants agricoles la quantité d'eau disponible pour différentes cultures en différents lieux ainsi que les perspectives pour les jours suivants, afin de permettre à ceux-ci de choisir le meilleur moment pour planter, désherber, irriguer, répandre les engrais, prendre des mesures de protection contre les ennemis et les maladies des cultures et récoltes.

  4. Décrire les méthodes à utiliser pour aménager et remplir les réservoirs d'eau des exploitations agricoles ou des villages et indiquer le meilleur moment pour le faire.

  5. Évaluer les pâturages naturels disponibles pour permettre aux éleveurs et aux gouvernements de déplacer les troupeaux et d'en modifier l'importance afin d'éviter le surpâturage; de décider de la nécessité d'assurer des cultures fourragères irriguées à proximité des centres de vente du bétail.

  6. Aider à concevoir des systèmes agro forestiers durables, de manières à pouvoir toujours disposer des bois de chauffage sans provoquer la désertification.

  7. Participer:

  • à la limitation de l'incidence des feux de brousse;

  • à l'établissement des plans nationaux de lutte contre la sécheresse, notamment à la surveillance de l'apparition et la progression de ce phénomène;

  • à des études, et recherches destinées à mieux connaître la relation des cause à effets ou les influences qui s'exercent à distance et qui aboutissent à une situation de sécheresse;

  • à l'exploitation des réseaux de collecte des données.

Source : O.M.M